
Après avoir tourné la page Formule 1, Franck Montagny va relever un nouveau défi: briller en ChampCar et aux 24 Heures du Mans. L’un des nouveaux pilotes du team Peugeot pour la saison d’endurance à venir est, en partie, revenu sur son parcours en F1.
Que pensez-vous du rapprochement entre l’Indy Car (IRL) et le ChampCar ?
Je suis tous les jours avec mon ingénieur et ça change à chaque fois donc honnêtement je ne sais pas ce que ça veut donner. Je pense que c’est un championnat qui doit s’unir avec l’IRL. Ça ne sert à rien d’avoir deux championnats de “Formule 1″ aux Etats-Unis. Je ne sais pas si ça sera pour cette année car, à un mois de l’ouverture de ces compétitions, ça sera très difficile. Après je ne connais pas trop ce que font les Américains. Je pense que ça va quand même aboutir en 2009. Ca va me permettre de m’amuser.
Par rapport à cette saison 2008, et dans l’hypothèse où on reste sur deux championnats séparés, avez-vous pensé à une solution de rechange ?
Les objectifs sont clairs, c’est de gagner les 24 Heures, quelques courses aussi et finir dans les trois premiers du championnat à la fin de la saison. De toute façon, il faut se mettre des objectifs élevés en début de saison. On doit gagner. L’équipe Peugeot est une équipe performante. Elle l’a prouvé en gagnant le LMES (Le Mans Endurance Series) et en finissant 2e au Mans. On a trois pilotes et une voiture supplémentaires donc on a vraiment les armes pour aller se battre devant et contrer Audi.
Et pour le ChampCar ?
C’est la même chose. Je suis dans un team expérimenté et même si je suis rookie, je pense que je m’adapte assez rapidement. Il n’y a pas de raison de ne pas remporter de course cette saison.
On sent que vous avez changé. C’est la crise de la trentaine ?!
(Rires) Je me sens bien. Mais j’ai changé. La Formule 1, c’est fini. Je suis passé à autre chose. J’en ai eu marre de faire les choses pour les autres, de devoir suivre un plan parce que “c’est comme ça”, parce qu’il y a des règles. Ma règle, c’est de faire des courses.
Ce qui est paradoxal c’est que ça marche bien maintenant pour vous. Vous jouez sur deux tableaux: le ChampCar et les 24 Heures.
Je discutais depuis l’année dernière avec Serge (Serge Saulnier, team manager de Peugeot Sport) assez souvent. Stéphane (Sarrazin) est un ami. Il me tenait au courant des évolutions de la voiture. Il fallait tout de même trouver un programme à côté parce quelques courses dans l’année, ça n’était pas bon pour moi.
On sent vraiment que l’équipe Peugeot a envie d’aller au charbon. Vous venez d’arriver. Avez-vous ressenti cette envie justement ?
On arrive tous avec cette envide de toute façon. Tout le monde pousse à 100%, que ce soit Alexandre (Prémat), Ricardo (Zonta) ou les nouvelles têtes. S’il n’y avait pas de motivation, on aurait veillé à ce que cela change. En plus, les premières impressions avec la 908 sont superbes.
C’est la première fois que vous roulez sur un diesel ?
Oui. C’est différent au niveau des sensations mais le même feeling dans la conduite. Il y a quand même moins de bruit, on entend plus la mécanique et puis c’est une voiture fermée. Il y a beaucoup de choses nouvelles.
Avez-vous pu échanger vos impressions avec les nouveaux pilotes ?
En terme de sensations, on est assez proches parce que c’est une grosse voiture. Ça fait presque une tonne avec le pilote à l’intérieur. Si y a du roulis, c’est la même chose pour tout le monde. On part à chaque fois pour 28 à 30 tours. Le pneu s’use et le carburant a un certain poids. C’est comme des réglages de Formule 1. On va à l’essentiel. Au final, on s’est retrouvés avec des temps assez proches.
Quelle est la suite de votre programme ?
J’ai cinq jours d’entraînement physique dans le sud de la France. Ensuite, je vais au Castellet pour de l’endurance puis j’aurai trois à quatre jours de repos. Après ça dépend de ce qui se passe aux Etats-Unis. Je passerai essentiellement du temps à travailler mon physique et avec Peugeot jusqu’au mois de juin. Après, cela peut différer. L’année se passera en deux temps.
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