
Eurosport - GP2 Series - 07/04/2008 17:53
Titré en GP2 Asie avant le dernier meeting, Romain Grosjean (ART) sait où il en est. “J’ai prouvé que je peux être rapide et que je suis prêt à me battre en toute circonstance”, dit-il, avant d’attaquer, les 26 et 27 avril, le GP2 Series.
Comment vous sentez-vous après avoir été couronné premier champion GP2 Asie ?
Romain Grosjean : Bien, mais bizarre car nous avons gagné d’une manière étrange : j’ai été déclaré champion malgré un abandon dans la course de dimanche? On préfère toujours accompagner un titre d’une victoire. Mais tout ça augmente notre motivation et notre confiance à l’approche de la saison de GP2 Series, qui commence dans quelques semaines. Cependant, le GP2 Asie n’est pas terminé et nous allons travailler dur pour finir sur une victoire à Dubaï, ce week-end, afin de préparer au mieux le prochain championnat.
Etait-ce important pour vous de devenir champion devant tout le paddock de la F1 ?
R.G. : Bien sûr, depuis que la Formule 1 est mon but. C’était important de montrer que je suis compétitif. J’ai prouvé que je peux être rapide et que je suis prêt à me battre en toute circonstance. La prochaine étape pour nous est de développer le nouveau châssis Dallara de GP2/08 pour obtenir d’aussi bons résultats qu’avec l’ancienne voiture.
Pouvez-vous nous dire ce qui s’est passé en course, dimanche ?
R.G. : J’ai pris la tête à la fin du premier tour puis j’ai perdu les freins à l’arrière. D’un seul coup, les roues se sont bloquées. J’ai essayé de rester en piste le plus longtemps possible mais, à un moment, c’est devenu trop dangereux et j’ai du abandonner. C’est dommage car j’étais si proche de faire en week-end parfait en marquant 20 points.
Comment résumeriez-vous votre saison ?
R.G. : J’ai attaqué la compétition comme débutant. J’ai toujours dit que le championnat de GP2 Asie était la meilleure façon pour moi d’apprendre la catégorie et d’acquérir de l’expérience. J’ai de la chance de faire partie d’un team que je connais bien depuis la Formule 3 Euro Series : je sais comment il travaille et ça m’a aidé dès la première course. Après quatre jours de tests à Dubaï, j’ai décroché ma première pole position. Puis, pendant la course, j’ai du observer un arrêt au stand (ndlr : obligatoire) pour la première fois et ça s’est super bien passé. Je savais que j’avais la voiture pour gagner. Mais la victoire dans la course sprint du dimanche fût une surprise. Avec 19 points dans le premier meeting, je menais confortablement le championnat et ça m’a donné de la confiance. A Sentul, nous avons vécu des moments plus difficiles. Premièrement, j’ai fait une faute en qualification. Puis, dans la Course 1, nous aurions pu nous battre pour la victoire, mais nous avons eu un problème durant le pit stop. De plus, nous avons eu des problèmes mécaniques. Nous attendions plus de l’Indonésie en termes de performance. Puis la Malaisie est arrivée. Nous nourrissions de grands espoirs et il a semblé que nous étions partis pour reproduire ce qui s’était passé à Dubaï, mais j’ai calé sur la grille. Quand je réfléchis à ça, je me dis que ça fait aussi partie de mon apprentissage. Après le drapeau rouge, je suis parti de la dernière place et j’aurais presque pu gagner si je n’avais été touché par un autre concurrent. J’ai fini 9e et c’était vraiment décevant. Le lendemain, j’ai fini 2e. Il était important pour moi de prouver que je sais doubler en bonne et due forme pour remonter. Au delà de ça, cette deuxième place est ce qui m’a permis d’enlever le titre.
Pensiez-vous atteindre ce niveau de performance ?
R.G. : Franchement, oui. Je sais que ça a surpris beaucoup de gens, mais mon opinion est que la voiture était parfaite pour moi : mon ingénieur et moi avons travaillé étroitement et nous sommes bien compris. J’ai toujours su que j’étais au volant d’une voiture bien équilibrée et que tout ce que j’avais à faire était de me concentrer sur mon pilotage. Quand j’ai un bon feeling de la voiture, je me sens vraiment fort et je peux prendre des risques.
Les gens vont vous demander si vous vous croyez capable de répéter cette performance en GP2 Series…
R.G. : Et je répondrai prudemment que ce n’est pas le cas. Notre première tâche sera de développer la nouvelle voiture. Ce sera notre principal objectif en début de saison. De plus, il y aura d’autres pilotes extrêmement compétitifs et expérimentés comme Senna, Valles, Petrov ou Chandhok. Tous peuvent gagner le titre. Ce sera un environnement différent. Mais une fois encore, je serai un rookie qui aura beaucoup à apprendre, à commencer par les circuits ! Avec le championnat Asie, j’ai emmagaziné une expérience appréciable, mais j’apprends toujours.
Vous ne pensez-vous donc pas que vous serez l’homme à battre ?
R.G. : Je pense que je suis plus qu’un outsider. Zuber, Maldonado, mon coéquipier Filippi ou Pantano, par exemple seront les hommes à battre. Ils ont l’expérience. Je suis là pour mettre du piment.

Source : Eurosport GP2
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