Sébastien Bourdais (Toro Rosso), seul pilote tricolore en Formule 1, aborde le Grand Prix de France dans une situation difficile après plusieurs performances mitigées: “Il est temps que le vent tourne”, espère-t-il avant “sa” course dimanche à Magny-Cours.
Q: Sébastien, après votre excellent début en Australie vous traversez une période plus difficile en ce moment?
Sébastien Bourdais: C’est vrai que depuis Barcelone c’est dur, on a du mal à concrétiser. A Monaco on a eu un gros manque de réussite et à Montréal c’est moi qui étais en cause.
Q: Vous avez d’ailleurs affirmé que cette course canadienne était la pire de votre carrière. Que s’est-il passé exactement?
SB: C’est simple, après la petit touchette du samedi matin on n’avait plus de suspensions arrière-droite de rechange. Donc quand on rentre en qualifications et qu’on me dit: Si tu touches tu ne feras pas la course, ça n’aide pas vraiment à se mettre dans le rythme. J’ai donc pris la décision de ne pas tenter l’impossible. Je suis passé pour un imbécile peut-être, mais j’ai pris mes responsabilités, point barre.
En plus en course on était sur la mauvaise stratégie, on n’avait rien à espérer. J’ai donc juste ramené la voiture à la maison, ce qui n’a pas plu à tout le monde. En F1 tu peux avoir toutes les bonnes excuses du monde, tout le monde s’en fout. Tu regardes les résultats et à un moment il faut que ça sorte. Mais bon, ma première année en Champcar c’était pire. Il ne faut pas se décourager et continuer à travailler, ça fait partie de la vie d’un sportif mais il est temps que le vent tourne.
Q: En espérant que cela vous remontera le moral, voilà le Grand Prix de France dimanche?
SB: Oui ça fait chaud au coeur, tout le public français sera là, il y aura même une tribune Sébastien Bourdais ! C’est toujours sympa de courir devant les gens qu’on connaît, même si ça ne change rien. Si ça changeait quelque chose ça voudrait dire que tu ne fais pas ton boulot sur les autres courses, ce qui n’est pas le cas. On va essayer de faire du mieux qu’on peut et de rentrer dans les points si possible.
Q: Quelles sont vos impressions sur le circuit?
SB: C’est vraiment un circuit sympa même si depuis qu’ils ont refait la dernière portion ça dénature un peu les choses. Je n’ai jamais gagné ici même si je connais le circuit depuis 1995. J’y ai fait six ou sept deuxièmes places… Je suis un peu le Poulidor de Magny-Cours. Mais bon, si on finit deuxième dimanche je prends!
En tout cas on arrive avec une auto qu’on découvre un peu mieux. On a eu une grosse évolution, ou plutôt une révolution sur la voiture qui va nous rapprocher sensiblement de notre voiture soeur. On espère être à peu près aussi bien que les Red Bull. C’est peut-être un peu ambitieux mais c’est l’objectif. C’est la première fois depuis un petit moment qu’on arrive avec des réglages à peu près définis, on sait qu’on ne devrait pas être trop loin du compte et ça fait du bien parce qu’à Monaco et à Montréal on n’était trop sûrs de rien.
Q: Vous qui êtes originaire du Mans, avez-vous suivi les 24 Heures le week-end dernier?
SB: J’ai suivi ça de près et de loin en même temps… Pour ne pas vous mentir je suis allé monter un col dimanche matin tellement j’étais vert de ne pas y être ! C’est toujours difficile de devoir suivre ça à distance et de ne pas pouvoir y être parce que cette course compte beaucoup pour moi.
Malheureusement, pour des raisons de planning essentiellement avec la séance d’essais de Barcelone, c’était impossible d’y être. J’aurais bien aimé que Peugeot gagne, ils semblaient avoir toutes les armes pour s’imposer mais Le Mans reste Le Mans: on a beau avoir la meilleure voiture, les meilleurs pilotes, on ne gagne pas forcément.
Source : F1-Live.com
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