Historiquement, Silverstone est le premier circuit de Formule 1 sur lequel naquit le Championnat du Monde de la discipline en 1950. Toutefois, l’histoire seule ne saurait résumer ce tracé mythique : en effet, pour les pilotes de l’écurie Toyota Racing, Jarno Trulli et Timo Glock, Silverstone incarne la vitesse.
Après Monza, Silverstone est le circuit le plus rapide du calendrier. La moyenne s’y établit aux alentours de 230 km/h sur un tour lancé, alors que la vitesse de pointe dépasse les 300 km/h au bout de la longue ligne droite dans la portion “Hangar Straight”, entre les virages de Chapel et de Stowe.
Mais à la différence de Monza, Silverstone ne se contente pas d’être une simple succession de longues lignes droites ponctuée de chicanes - les vitesses atteintes sont principalement rendues possibles par le tracé du premier secteur avec ses trajectoires grisantes, du virage à droite de Copse –pratiquement plat– aux aménagements époustouflants de Becketts débouchant sur la portion “Hangar Straight”.
Ce mélange de vitesse et d’adresse que requiert ce circuit fait l’unanimité parmi les pilotes de F1, comme nous l’explique Jarno : « Silverstone est l’un des plus anciens circuits sur lequel nous courons encore aujourd’hui. Il est principalement caractérisé par ses virages que l’on négocie à très haute vitesse. Le secteur de Becketts est constitué d’une série de virages à l’ancienne que tout pilote trouve excitante, car elle se négocie à grande vitesse, ce qui nécessite de trouver la trajectoire parfaite. On vole littéralement d’un virage à l’autre. »
En marge de ces virages rapides du premier secteur, l’on trouve également la portion lente de Luffield avec son double gauche négocié en seconde, en fin de tour avant la ligne droite des stands. Cette portion a été ajoutée en 1990. Elle représente un véritable défi en termes de réglages dans la mesure où la recherche d’une vitesse de pointe élevée dans le premier secteur doit impérativement être contrebalancée par l’impérieuse nécessité d’avoir une très bonne adhérence dans ces virages plus lents.
L’écurie Toyota a déjà effectué un travail de préparation important sur ses TF108 afin de s’adapter au double visage du circuit de Silverstone, notamment au cours des trois jours d’essais qui ont eu lieu sur ce même tracé la semaine dernière. Cependant, les essais libres de vendredi prochain devraient fournir une occasion riche d’enseignements quant aux dernières mises au point à effectuer afin de trouver le délicat équilibre entre vitesse de pointe et appui.
Même en réalisant tous les essais préparatifs possibles, il est presque impossible de débarquer sur un circuit avec la certitude absolue de savoir ce à quoi s’attendre, surtout lorsque des facteurs tels que la météo ou les conditions de la piste changent d’un jour à l’autre.
Ceci est particulièrement vrai de Silverstone, souvent balayé par de forts vents de travers qui peuvent perturber l’équilibre aérodynamique d’une monoplace. C’est une caractéristique héritée de l’utilisation première de cette même piste, lors de la Seconde Guerre Mondiale : du fait de sa superficie qui constituait un véritable avantage pour un aérodrome disposant de trois pistes exploitables, elle servait alors de base aux bombardiers.
La pluie est l’autre élément local peu apprécié des pilotes. Mais en dépit de la réputation de l’Angleterre en la matière, seuls trois Grands Prix de Grande-Bretagne se sont courus dans des conditions humides au cours de ces 20 dernières années.
Toutefois, il est difficile de se défaire de sa réputation et pour beaucoup dans le monde de la F1, le circuit de Silverstone est irrémédiablement associé à un ciel bas et sombre et à des températures peu élevées. « La météo est toujours une inconnue ici, à Silverstone » déclare Timo. « J’étais en Angleterre au mois de mai dernier pour un court séjour et il a plu tous les jours. Cela peut se révéler délicat lors d’un week-end de Grand Prix si la météo est changeante, car il est impossible de prévoir ce qui va se passer dans l’heure qui suit. »
Les blagues sur la météo britannique sont bien sûr légion et ne datent pas d’hier, de telle sorte qu’elles s’accommodent bien à Silverstone et au Grand Prix de Grande-Bretagne. Dimanche prochain, sur cette même grille de départ où Jarno et Timo s’aligneront, des légendes telles que Juan Manuel Fangio et Guiseppe Farina ont pris le départ du tout premier Grand Prix du Championnat du Monde de Formule 1 en 1950.
Source : F1-Live.com
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